comment être heureux ?

C’est quoi le bonheur ?

Je ne sais pas si tu as remarqué, mais on est inondé par le bonheur. Happy management, happy thérapie, because I’m haaaapppyyyy. Bref, on dirait bien que le bonheur est le nouveau credo. Rien de mal à ça hein. Il vaut mieux viser la joie que la tristesse éternelle. « Le spleen n’est plus à la mode » comme chante Angèle. N’empêche, il y a un problème. Ça ne te met pas mal à l’aise toi ? Personnellement, j’ai la désagréable impression qu’on voudrait me dicter mon bonheur. Et ça ne produit pas du tout l’effet escompté.

Le bonheur version selfie

Aujourd’hui le bonheur est filtré. Mais littéralement je veux dire. Ta journée tu la préfères en Brooklyn ou en X-Pro II ? (Filtres Instagram pour les non initiées). Nous avons réussi à essorer la vie pour n’en garder que la substantifique moelle. Lissée, festive, qui a demandé 50 selfies pour trouver le bon angle, le bon sourire. Ce même selfie qui va permettre d’expliquer en quoi tu dois t’accrocher à la vie, manger des flocons d’avoine à tous les repas et que le bonheur se cache dans 10 minutes de yoga quotidien.

Alors voilà le topo : j’adore la bière, ma clope du soir et la méditation m’angoisse. Du coup est-ce que ça fera de moi un être condamné à traîner sa peine jusqu’en enfer ? Encore que si c’est avec CE Lucifer là…

Bref. Sortir d’un cadre pour rentrer dans le carré d’Instagram, c’est pas un peu la loose ?

Du bien-être au mal de vivre

Le revers de ce monde tout beau, tout parfait, tout sain, c’est qu’il nous fait nous sentir un peu nulles. Entre la business girl manucurée et en talons aiguilles, qui fait un atelier peinture avec ses deux enfants parfaits. La nana enceinte qui pèse moins lourd qu’une plume et danse jusqu’à son accouchement, celle qui te dit que tu ne seras pas heureuse tant que tu ne te seras pas accordé ton heure quotidienne… heure de quoi d’ailleurs ? De massage, de réflexologie, de vautrage dans le canap avec des chips ? Comment ça c’est pas assez healthy ? On ne sait plus trop quoi penser.

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Du coup, passer un samedi à ne rien faire après une semaine chargée, ça ne marche pas ? Manger des pop corn devant un film, blottie contre son homme, non plus ? Prendre un fou rire avec les enfants, toujours pas ? Faut-il vraiment toute cette discipline militaire ? Et si le bonheur se faisait à son rythme ? Et puis d’abord, faut-il vraiment être heureux tous les jours ? Ça a l’air chiant en fait.

La beauté des nuances

L’injonction au bonheur, c’est comme nous demander de devenir des robots. Pardon mais on n’est ni Sirie, ni Alexa. Il y a des jours de blues, de mélancolie. Des journées de doutes, de désespoir. Où on se dit : « il est où le bonheur il est oùùùùù ? » Oh ! Tais toi Christophe Maé. Mais c’est ça qui rend une belle journée si extraordinaire. Ce moment où l’on pense : « Et bien il est là, le bonheur il est là ».

Pardon, vraiment désolée vous allez me maudire.

C’est pour ça que parfois, ce qui se veut bienfaiteur fait mal. Parce qu’il nous plonge face à un « nous » que nous ne pouvons pas être. Et on en vient à penser que c’est de notre faute. « Bon sang bouge toi ! », « tu attends quoi » ? Peut-être que 20 minutes de silence quotidiennes plus un smoothie kiwi paprika ne sont tout simplement pas ta définition du bonheur.

Pourquoi je te dis tout ça ? Parce qu’être heureux ne s’obtient pas grâce à une recette magique. C’est un tâtonnement, un apprentissage. Le bonheur est une expérience empirique qui est intimement liée à notre propre cheminement. 

Il y a une phrase que j’aime beaucoup :

Le bonheur, c’est quand on veut que demain soit un autre aujourd’hui.

Bernard Werber

Ça résume selon moi assez bien cette tension entre la quête et l’état qui, par définition, ne dure pas. Comme quand on se dit qu’on ne voudrait jamais qu’une journée s’achève.

À chacun son bonheur

Ce que j’aime dans la psychologie positive c’est l’idée de pouvoir donner sa propre définition aux choses. Bien sûr, comme pour tout, il faut toujours que des gens un peu trop extrêmes tentent de transformer les belles choses en dogme. Mais si on ne garde que le bon, on comprend vite que le bonheur prend la définition que tu lui donnes.

Et celui des uns n’est évidemment pas celui des autres. Parce que nous sommes tous différents. Bateau ? Bah oui. Mais en même temps, il est bon de rappeler les fondamentaux, non ?

À mes yeux, ce qui nous rend heureux, est toujours un moment de plénitude. Un moment où l’on a le sentiment d’habiter pleinement sa vie, de toucher du doigt notre propre vérité. Ce qui est parfois rendu impossible par des problèmes profonds, comme le malaise que l’on peut ressentir face à sa relation de couple ou son travail par exemple. Par les apparences que l’on pense devoir adopter pour coller à un modèle auquel on n’adhère pas vraiment.

C’est pour ça que j’accorde tant d’importance au fait de trouver sa voie. Parce que oui, faire du yoga, se lever à 6h du matin au lieu de 7 pour avoir du temps (et plus de cernes), pourquoi pas. Mais le bonheur c’est selon moi surtout se rencontrer soi. Et faire ce que l’on aime pour aimer ce que l’on fait.

Je t’en parlerai bientôt, mais j’ai réalisé que plus j’aimais mon travail, plus je m’épanouissais dans ma féminité et en tant que maman. Parce que mon bonheur, pour ma part, réside dans cet équilibre entre toutes ces facettes de ma vie.

Je te laisse méditer là dessus. Prends tout ton temps. Avec un mojito ou un thé détox. En position du lotus ou de la baleine échouée. Tu fais bien comme tu veux. Pourvu qu’à la fin, tu sois bien.

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100 idées à la seconde, de la musique dans la tête, de la passion dans le sang. Expat, maman, multipot, web entrepreneuse je crois que la vie n'est faite que de nouvelles chances et je compte bien te le prouver !

9 Commentaires

  1. J’adore ton article. Vivre à son rythme et non pas parce qu’insta ou 10 000 livres le disent ou même blogs. C’est ça la vraie vie. Le bonheur peut être dans des choses simples. J’ai passé mon après-midi sur mon balcon à lire et profiter du soleil parce que grosse flemme de sortir. Pas bien me dirait les livres, mais je me suis sentie hyper bien. Par contre maintenant a cause de ma flemmardise, j’ai du ménage qui m’attend 😊

    1. Merci Yasmine pour ton commentaire ! Heureusement que parfois on s’écoute soi et pas les autres… 🙂 Courage pour le ménage, j’en suis là aussi. Mais petit bout malade, ça me fait une excuse non ? 🙂

      1. Oui, on va dire ça. 🙂

  2. Chouette article et jolie plume ! Ma philosophie va dans le même sens que la tienne et fait écho à beaucoup de mes réflexions. La quête du bonheur s’est effectivement transformée en quête de la perfection, du moins en apparence… Comme si on devait tous suivre un modèle prédéfini. Et c’est tellement culpabilisant quand on n’y arrive pas… On en passe du coup à côté de notre propre bonheur.

    Je crois profondément que la clé du bonheur est en dehors du cadre… Il faut oublier ce que les autres voudraient qu’on soit et s’autoriser ENFIN à être soi-même ! Dans ses imperfections, dans ses humeurs, dans son corps et dans sa tête.

    PS : Oui, je te maudis un peu… Il est où le bonheur, il est où ???? Haaaaaaaaaa !

    1. Merci beaucoup Aude ! Oui c’est étonnant comme on peut vite basculer du conseil au diktat. De ce qui se veut vrai au faux. Et comme tu le dis si bien, il n’y a qu’en étant soi même que l’on peut vraiment se sentir épanouie et bien dans sa vie. Même si la tâche n’est pas toujours simple !
      PS : Désolée pour Christophe Maé. Si ça peut te consoler maintenant je l’ai à nouveau en tête…

  3. Quel bel article. Il y a trop de gens à la poursuite de likes, à la recherche de la dernière tendance santé, toujours prêt à te rappeler que tu pourrais faire mieux…C’est un style de vie dangereux. C’est un principe physique: quand on met trop de pression, tout fini par casser. Je suis tout à fait d’accord avec toi, le bonheur ne devrait pas suivre les dictats d’Instagram…

    P.S. Christophe Maé…ma belle-mère n’arrête pas de la chanter, pu capable de l’entendre!

    1. Merci pour ton commentaire ! Oui, il n’est pas toujours simple de faire la part entre fiction et réalité. Parce que finalement tous les réseaux c’est ça. Du like, de l’amour factice. Et finalement on a vite fait de courir après des chimères.
      PS : mille excuses pour Christophe Maé. L’argument belle-mère est fatal ! 😀

  4. Ton article représente tout à fait ma façon de penser. Le bonheur est accessible à chacun car chacun y place ce qu’il veut. Moi j’aime traîner en jogging avec mon coloriage mandala et mon homme et c’est mon choix. Tout le monde a sa propre conception du bonheur et devrait la suivre plutôt que se conformer à celle des réseaux ou du voisin!

    1. Merci Elise pour ton mot ! Mais t’as bien raison de kiffer la vie en jogg avec des crayons de couleur hahah ! C’est ça qui est beau et qui rend épanouit à la fin. Quand on s’écoute et qu’on fait ce que l’on aime. 🙂

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