suivre son mari à l'étranger

Le jour où j’ai suivi mon mari à l’étranger

Je suis une femme expatriée. Ce n’est pas tout ce qui me définit mais ça fait partie du pack. Et si certains s’imaginent que la vie à l’étranger est une sinécure, toi et moi on sait que tout abandonner pour suivre son homme n’est pas vraiment la grosse fiesta annoncée. Bien sûr, il y a autant de situations que d’expats. Mais j’ai quitté la mère patrie depuis assez longtemps et rencontré assez d’épouses désemparées pour voir qu’être le conjoint suiveur est un sacré chambardement. Aujourd’hui, je peux le dire : le jour où j’ai suivi mon mari à l’étranger…

Je suis devenue contorsioniste

Une femme d’expat est généralement une personne hyper adaptable. Ce qui est un atout à double tranchant. Comme beaucoup d’autres, j’ai appris à me plier, me contorsionner, pour maintenir l’équilibre de la famille et plus que tout, trouver du sens à ce nouveau statut. Parce qu’il ne va pas forcément de soi d’être dans un nouveau pays, que l’on n’a parfois (souvent ?) pas choisi. Si tu savais le peu d’envie que j’avais de partir en Italie. Pas le bon moment, pas le bon pays, pas le bon état d’esprit. Je ne voulais pas quitter ma maison, mes amis, ma famille ni mes perspectives professionnelles, même inconnues, pour un ailleurs dont on ne savait rien.

En tant que conjoint suiveur tu te retrouves à faire face à un tsunami de galères insoupçonnées, allant du système de santé, à la façon dont fonctionne l’abonnement téléphonique, l’école ou les modes de garde. Sans compter la barrière de la langue. Et ceux qui croient que « oh ça va, les expats sont pétés de thunes, on va pas les plaindre » se trompent allègrement. Tout le monde ne part pas avec le contrat en or tous frais payés ou presque, mega assurance cotisée par la boîte dans un pays où la vie ne coûte rien. Et quand bien même. Ça n’enlève rien au choc et à la difficulté. Mais rappelons aussi que bien souvent, l’expatriation se fait par le biais d’un contrat local, avec transfert de tous les droits dans le pays d’accueil et on rigole moins quand on tombe sur moins bien que chez soi.

Quelle que soit la situation et aussi exaltante soit-elle, suivre son homme reste un sacrifice que l’on accepte plus ou moins bien. D’ailleurs, bien que tabou, le burn out existe chez de nombreux conjoints expatriés.

J’ai dû redéfinir mon projet professionnel

Lucky me ! J’avais un job alimentaire et peu de perspectives. Mais malgré tout, l’expatriation a largement réduit mes chances de retravailler rapidement. Dans un tel contexte, pas facile, pas vrai ? Déjà cela suppose de maîtriser la langue de son pays d’accueil, ce qui, selon les situations est plus ou moins complexe. Il faut aussi s’adapter au pays où l’on vit. Est-il dans les moeurs que les femmes travaillent ? Le système social et de garde a-t-il été pensé pour cela ? Les diplômes sont-ils reconnus ? Est-il facile pour une étrangère d’avoir le droit de travailler ? Bref, tu connais le casse-tête.

J’ai perdu mon identité

Le double effet Kiss Cool, c’est que ce bouleversement, cette remise à zéro des compteurs, dans un lieu où l’on n’est finalement plus personne, entraîne une perte d’identité. La langue déjà, nous empêche d’exprimer pleinement qui nous sommes. Le contexte social ensuite. Encore faut-il pouvoir rencontrer d’autres personnes. Des locaux, ou des expats. Et ça n’est pas toujours simple selon là où l’on se trouve.

Ensuite, c’est tout un lien de confiance à reconstruire. Alors oui, on parle sans doute plus directement et plus franchement en expat, comme on le fait aussi en voyage. Mais il faut se méfier des apparences. On se crée parfois un rôle et le jeu de dupe a vite fait de s’installer. Une espèce de farce où chacune a l’air très satisfaite de cette vie. Celle où l’on ne sait jamais où l’on vivra dans 6 mois, un an, deux ans. Celle où l’on se fait trimballer entre les contrées, où notre rôle ne serait que de porter à bout de bras enfants et cartons d’une frontière à une autre.

J’ai réveillé le volcan en sommeil

Pourtant, je le vois bien chez toutes mes copines expats rencontrées au fil des mois… elles sont toutes comme des volcans, prêtes à partir au quart de tour. Et si elles explosent… hum… on va peut-être se faire un revival de Pompei les enfants !

Ce que je veux dire par là c’est que le jour où nous avons suivi nos maris à l’étranger, par amour, par attrait de l’aventure, souvent parce qu’on n’avait pas tant le choix que ça, que ça nous plaise ou pas du tout, qu’on y trouve notre compte ou pas, on a abandonné quelque chose. Un gros pan de notre liberté. Un « possible ». Et avec lui une part de notre identité et de nos ambitions.

Et puis à quoi bon ? Si c’est pour repartir dans 2/3/4 ans vers une autre destination ?

Entreprendre sur le web : la solution ?

Pour ma part, le web entrepreneuriat a été mon salut. Aujourd’hui je construis une activité qui m’est propre. Un travail bien à moi, que je pourrai valoriser en rentrant en France, si je souhaite un jour reprendre une activité salariée. Mais qui est également pleine de sens, là, tout de suite maintenant.

Ce travail, en plus de me correspondre parfaitement m’a redonné une vraie place et a offert du sens à cette expatriation. Il me donne une légitimité, m’extrait du rôle d’épouse suiveuse et m’offre une forme d’indépendance financière. Cela est très important à mes yeux.

Mon travail de rédactrice web peut me suivre de partout, que nous soyons mutés à Sydney ou que nous retournions en France. L’investissement et l’énergie que j’y mets valent le coup car mes efforts ne vont pas être stoppés nets quand nous quitterons l’Italie. Et je crois qu’entreprendre sur le net peut s’appliquer à tellement d’activités, que le champ d’action est si large qu’il serait vraiment dommage de sous-estimer les possibilités que cela offre.

As-tu déjà songé à créer ton activité pendant ton expatriation ? Ou l’as-tu fait ? À l’inverse, te sens-tu dépassée par cette nouvelle façon de travailler ? Dis-nous tout (haut) en commentaire ce que tu en penses !

Articles liés

De mère au foyer à entrepreneuse épanouie en 6 mois

Comment changer de vie : le web à la rescousse

11 idées de travail à domicile sur internet

Comment devenir rédacteur web freelance

Non, ça n’ira pas mieux demain

Charlène

100 idées à la seconde, de la musique dans la tête, de la passion dans le sang. Expat, maman, multipot, web entrepreneuse je crois que la vie n'est faite que de nouvelles chances et je compte bien te le prouver !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

21 Partages
Partagez
Tweetez
Enregistrer
Partagez